COIFFE
Définition
Coiffe : la coiffe est le repli de cuir qui habille chaque extrémité du dos, en tête et en queue, et qui protège la tranchefile logée dessous.
Dans une notice de catalogue
On distingue la coiffe de tête (en haut) et la coiffe de queue (en bas, ou de pied) ; une notice précise presque toujours laquelle est concernée, car la tête souffre bien plus que la queue. C’est l’une des mentions d’usure les plus fréquentes, avec toute une gradation : « coiffes frottées » (légèrement usées), « coiffe arasée » (aplatie, le relief effacé), « coiffe rognée » ou « petit manque en coiffe » (une partie du cuir a disparu), « coiffe de tête manquante » (le cap est parti), « coiffes refaites » ou « restaurées » (elles ont été reconstituées). À ne pas confondre avec la tranchefile, le petit bourrelet brodé que la coiffe recouvre : quand la coiffe manque, c’est la tranchefile qu’on aperçoit en dessous.
Pourquoi les coiffes sont si importantes dans une reliure
La coiffe est un point d’usure extrêmement fréquent, et ce, pour une raison très triviale : c’est à cet endroit que l’index de l’amateur de livre vient bien souvent appuyer pour extraire un livre du rayon, en tirant sur le haut du dos. D’où une coiffe de tête presque toujours plus fatiguée que celle de queue. Mais c’est aussi un défaut qu’il faut savoir relativiser : une coiffe frottée ou légèrement arasée est banale sur un livre ancien, et pèse finalement peu dans sa dévalorisation. C’est une usure d’usage, pas une atteinte à la structure. Le vrai risque vient quand elle disparaît complètement : le cuir du dos, privé de son ourlet de protection aux extrémités, commence alors à se déchirer ou à se soulever, la tranchefile à nu se défait et l’usure gagne les fonds de cahier. À l’inverse, des coiffes intactes sur un volume ancien signalent un exemplaire soigné, manipulé avec égard, un bon signe pour le reste.
Un exemple

Vue de dessus, en tête d’un volume : on distingue la coiffe (le repli de cuir qui borde le dos de part et d’autre) et la tranchefile qu’elle est censée recouvrir, ce petit bourrelet brodé aujourd’hui bien apparent. Ici, la coiffe presque intégralement disparue et le cuir du hait du dos s’est légèrement soulevé : une usure d’usage typique, celle que décrit une notice par « coiffe arasée » voire dans ce cas précis « manquante ». Rien de structurel, mais un défaut qu’on repère d’un coup d’œil et qui rappelle à quoi sert ce mince ourlet de cuir : protéger les extrémités exposées du dos du livre.
