DOS

Définition

Dos : le dos est la partie de la reliure qui relie les deux plats et recouvre le fond des cahiers : c’est la face visible du livre lorsqu’il est rangé dans une bibliothèque, celle qui porte le titre.

Dans une notice de catalogue

Un contresens courant à éviter : le dos n’est pas la tranche. Le dos est la partie visible en rayon, celle qui porte le titre ; les tranches sont les trois côtés du bloc de papier. Cela étant posé, le dos se décrit par sa forme et son décor : « dos à nerfs » ou « dos lisse », « dos orné » (doré), « dos muet » (sans titre).

Mais l’essentiel, pour juger un exemplaire, tient à deux familles de mentions. D’abord la décoloration, propre à cette face exposée à la lumière : « dos passé », « dos insolé », « dos éclairci » — un maroquin rouge viré au brun, un dos plus terne que les plats. Ensuite la restauration : « dos refait » (entièrement remplacé), « dos conservé » (d’origine) ou « ancien dos conservé » (l’original préservé et remonté), « reliure rapportée » (le corps d’ouvrage remonté dans une reliure qui n’est pas la sienne).

Pourquoi les dos sont si importants dans une reliure

A partir du deuxième quart du XVIème siècle, sous l’influence italienne, le dos se met à porter l’identité du volume (titre, auteur, tomaison). Auparavant, les livres étaient généralement rangés à plat avec la gouttière vers l’extérieur, le titre était donc inscrit à la plume ou peint directement sur les tranches.

Mais le dos a toujours constitué une surface très sollicitée : manipulations, lumière, frottements… elle a tendance, avec les mors et les coiffes à ses extrémités à céder en premier. C’est pourquoi le dos est si souvent restauré et pourquoi la nuance entre dos refait et dos d’origine importe tant : un exemplaire qui a gardé son dos ancien conserve son authenticité, et davantage de valeur. Par ailleurs, un dos passé ou dépareillé déprécie un exemplaire par ailleurs sain, et sur un ensemble en plusieurs volumes, des dos qui ne s’accordent pas trahissent une reliure recomposée.

Un exemple

Le dos de cet exemplaire des Fables de La Motte (à gauche), longtemps exposé à la lumière sur son rayon, a pris une teinte différente de son plat protégé, qui a gardé son ton crème d’origine, c’est l’insolation. Ce que les notices appellent « dos passé » ou « dos éclairci ». Ici, le phénomène semble avoir plutôt assombri le cuir par endroits mais le résultat est le même : la reliure a perdu son homogénéité de teinte.

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